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  <title><![CDATA[L'Espagne Fascinante :: Dernières nouvelles - Œuvres d'art]]></title>

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    <description><![CDATA[Magazine et guide pour découvrir l'Espagne la plus authentique au niveau local : voyages, histoire, style, gastronomie...]]></description>
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      <title><![CDATA[L'Espagne Fascinante :: Dernières nouvelles - Œuvres d'art]]></title>
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  <title><![CDATA[Le monde qu'Ángeles Santos a peint pour les Martiens | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Thu, 17 Mar 2022 17:09:11 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Ça fait longtemps que  notre célèbre voyageuse de l'art  ne vit des expériences comme avant. Elle, qui avait  le pouvoir pour s'immerger dans les tableaux . Elle, qui était toujours accompagnée d'une voix, celle de  l'audioguide , qui lui...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Ça fait longtemps que <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">notre célèbre voyageuse de l'art</a> ne vit des expériences comme avant. Elle, qui avait <strong>le pouvoir pour s'immerger dans les tableaux</strong>. Elle, qui était toujours accompagnée d'une voix, celle de <a href="/articulo/oeuvres-dart/velazquez-portrait-prince-prado/20210901151442071586.html">l'audioguide</a>, qui lui racontait tout. Depuis quelque temps, tout cela n'est plus qu'un souvenir du sommeil profond.</p><p>Avec l'apathie qui a envahi ses expéditions muséales ces derniers temps, la voyageuse se trouve maintenant au musée Reina Sofía, dans la salle 205-206. <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">Un énorme tableau remplit à lui seul un mur entier.</a> Une petite lumière s’allume en elle. Elle le sent à l'intérieur. Elle sait ce qui va se passer et pourtant elle n'arrive toujours pas à y croire. L'espace commence à tourner. Le sol sur lequel ses pieds se trouvaient est maintenant une voie ferrée. "Je l'ai encore fait", se dit-elle.</p><p><h2>"Une immense toile pour y mettre le monde"</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-300109" src="/media/espagnefascinante/images/2022/03/17/20220317154929300109.jpg" alt="Détail du tableau d'Ángeles Santos, Un mundo. Ces figures représentaient théoriquement des extraterrestres" width="800" height="500" /><figcaption> Détail du tableau d'Ángeles Santos, <em>Un mundo</em>. Ces figures représentaient théoriquement des extraterrestres. | Musée Reina Sofía</figcaption></figure></p><p>L'euphorie initiale, qui ne disparaît à aucun moment de <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">cette nouvelle aventure</a>, se transforme désormais en incertitude. Elle se tient debout. Cependant, elle a le sentiment de se trouver dans une position non naturelle, <strong>d'où elle voit beaucoup de choses qu'elle ne peut expliquer</strong>. Des enfants jouent près d'un banc, le bruit de la mer vient de pas très loin. En arrière-plan, la litanie d'une étrange mélodie. C'est <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">une image surréaliste</a>, c'est sûr. Rapidement, la voix d'un vieil ami lui vient en aide : "Nous sommes devant l'œuvre la plus importante de l’artiste Ángeles Santos : <em>Un mundo</em>".</p><p>La voyageuse de l'art connaît <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">ce tableau</a>, ou plutôt, en a entendu parler. Oui, elle s'en souvient maintenant. Elle avait raison : <em>Un mundo</em> est une œuvre dans laquelle <strong>surréalisme et cubisme s'entremêlent dans une danse hypnotique</strong>. Il s'agit d'une peinture à l'huile mesurant pas moins de 290 x 310 centimètres, peinte en 1929. "Mon père m’a commandé une immense toile pour y mettre le monde ", murmure une jeune femme élancée assise juste derrière elle. <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-grenade-de-fortuny-avec-un-ciel-de-lapis-lazuli-tableaux-qui-envoutent/20210813112852071584.html">La voyageuse de l'art la reconnaît</a>.</p><p>C'est elle, Ángeles Santos. Une toute jeune Ángeles Santos, âgée d'à peine 18 ans, l'âge auquel elle a peint ce tableau qui a tant impressionné ses contemporains. "J'ai entendu dire que l'homme atteindra la planète Mars", lui dit l’artiste en allumant une cigarette. "J'ai peint ce <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">tableau</a> pour qu'on puisse l'envoyer là-bas et faire savoir aux Martiens à quoi ressemble notre planète Terre", ajoute-t-elle.</p><p><h2>Point de départ : Portbou, un paradis d'enfance</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-300110" src="/media/espagnefascinante/images/2022/03/17/20220317154931300110.jpg" alt="Détail du tableau Un mundo inspiré des vers du poète Juan Ramón Jiménez" width="800" height="500" /><figcaption> Détail du tableau <em>Un mundo</em> inspiré des vers du poète Juan Ramón Jiménez. | Musée Reina Sofía</figcaption></figure></p><p>Certains pensent que le côté droit du tableau rappelle sa terre natale, Portbou, <a href="/articulo/itineraires-a-travers-lespagne/7-endroits-espagne-chaleur-hiver/20211221074945067209.html">un endroit où le paysage aride</a> contraste avec le bleu de la mer. Son fils Julián a commenté, dans le documentaire d'Eva Fontanals <em>El mundo de Ángeles Santos</em>, que ce lieu était pour sa mère "le souvenir d'une vie heureuse".</p><p>Le <a href="/articulo/legendes-en-espagne/espagnols-apatrides-mauthausen/20220203124721068634.html">photographe</a> et enseignant Eduard Olivella Falp a commenté dans cette même pièce audiovisuelle que "ce type de nature brute semble se refléter fortement dans ce traitement cubique du tableau". On la retrouve dans la terre marron clair, dans l'eau où jouent plusieurs personnes, dans <a href="/articulo/que-voir-a-aragon/train-canfranc-espagne-france/20230108093427067208.html">les voies ferrées et la gare</a> (car le père d'Ángeles était douanier), dans les <strong>formes qui émergent du cube et qui peuvent faire penser à une mer déchaînée</strong>.</p><p>La voyageuse de l'art regarde ensuite vers le côté droit du tableau, où un escalier monte vers le soleil. La jeune femme observe avec une attention soutenue les femmes étranges qui <strong>tachent leurs pinceaux de la couleur du soleil</strong> et descendent dans l'obscurité pour éclairer les <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/observatoire-roque-de-los-muchachos-canaries/20211111130241067188.html">étoiles</a>.</p><p><h2>La période de splendeur d'Ángeles Santos</h2></p><p><iframe src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fmuseoreinasofia%2Fphotos%2Fa.100645967371%2F10159817556837372%2F%3Ftype%3D3&amp;show_text=false&amp;width=500" width="500" height="356" frameborder="0" scrolling="no" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p><p>L'année où Santos a peint <a href="/articulo/les-meilleurs/6-batiments-modernistes-en-espagne-qui-ressemblent-loeuvre-de-gaudi/20201005185659066903.html">cette œuvre</a>, en 1929, la peintre avait à peine 18 ans et vivait avec sa famille à Valladolid. À cette époque, selon l'audioguide, elle a peint ce qui est considéré comme ses meilleures œuvres. En effet, sur l'une des façades ouvertes, on peut voir trois femmes en train de lire, une image très proche de celle d'une autre de ses œuvres les plus appréciées : <em>La tertulia</em> (Le club).</p><p>Pendant cette période de sa vie, Ángeles Santos est <a href="/articulo/que-voir-a-andalousie/les-patios-de-cordoue-un-mode-de-vie-devenu-fete-populaire/20230320103627067051.html">devenue très populaire en Espagne</a>. Ses peintures en général, et sa toile <em>Un mundo</em> en particulier, <strong>ont fait une grande impression</strong>. Des personnes telles que Federico García Lorca et Ramón Gómez de la Serna ont sonné à sa porte avec l'intention de rencontrer le génie qui était né à Portbou. En fait, Gómez de la Serna, de 23 ans de plus qu’elle, lui a demandé de l'épouser. Pendant ce temps, Santos ne faisait qu'une chose : peindre, peindre et peindre. Tout venait de son imagination, "de la peinture d'avant-garde authentiquement espagnole", dit Eduard Olivella.</p><p><h2>Le monde sombre d'Ángeles Santos</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-300111" src="/media/espagnefascinante/images/2022/03/17/20220317154932300111.jpg" alt="La partie inférieure du tableau représente un monde de ténèbres" width="800" height="500" /><figcaption> La partie inférieure du tableau représente un monde de ténèbres. | Musée Reina Sofía</figcaption></figure></p><p>Le sol sous les pieds de <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">la voyageuse de l’art</a> s'enfonce et le monde change. Soudain, c’est la nuit. Elle ne peut rien voir. "Comment est-ce possible ?" se demande-t-elle. Le surréalisme, <strong>c'est ça le truc, c'est surréalisme</strong>. Une fois que ses yeux se sont habitués à l'obscurité, la voyageuse commence à voir. Des arbres secs, des formes sombres se déplacant parmi leurs branches... Elle observe tristement une femme qui marche dans la pénombre. C'est, une fois de plus, Ángeles, décrépite.</p><p>"En 1930", note l'audioguide, "les parents d’Ángeles Santos l’internent dans un centre de santé à <a href="/articulo/culture-espagnole/bars-movida-madrid/20220316124542070933.html">Madrid</a>". La peintre, accompagnée partout par son père, <strong>était malheureuse à Valladolid</strong>, comme elle le racontait à Gómez de la Serna dans ses lettres. Une nuit, l’artiste s'est promenée seule sur les rives de la Pisuerga pour enfin entrer dans l’eau froide de la <a href="/articulo/que-voir-a-castille-la-manche/cascades-enguidanos-cuenca/20211001115339067155.html">rivière</a>. Après avoir quitté le centre de santé, elle retourne dans sa province natale, <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/villages-gerone-catalogne/20211104160905067181.html">Gérone</a>. Ángeles Santos n'a jamais cessé de peindre, mais, après cet incident, elle n'a plus jamais peint à partir de son imagination.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-300112" src="/media/espagnefascinante/images/2022/03/17/20220317154933300112.jpg" alt="Un mundo, par Ángeles Santos" width="900" height="855" /><figcaption> <em>Un mundo</em>, par Ángeles Santos. | Musée Reina Sofía</figcaption></figure></p><p>Après avoir marché un moment dans l'obscurité de l'artiste, <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-grenade-de-fortuny-avec-un-ciel-de-lapis-lazuli-tableaux-qui-envoutent/20210813112852071584.html">la voyageuse de l'art</a> tombe sur une scène encore plus macabre que les précédentes : un homme en poignarde un autre. <strong>La jeune femme sent soudain la peur lui envahir le dos</strong> et elle se met à courir désespérément le long de la voie ferrée désormais vide. Un tunnel se dresse sur son chemin. Elle commence alors à sentir l'odeur de la mer et court vers la fin de son voyage.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[Le monde qu'Ángeles Santos a peint pour les Martiens | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
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  <title><![CDATA[La Mona Lisa du Prado, la plus ancienne réplique de La Joconde]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Fri, 15 Oct 2021 12:17:41 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Il s'agit sans doute de l'œuvre la plus célèbre au monde. Elle est exposée au  musée  du Louvre à Paris et est  visitée par des millions de personnes chaque année . La technique utilisée par son créateur, le célèbre Léonard de Vinci, ainsi que...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Il s'agit sans doute de l'œuvre la plus célèbre au monde. Elle est exposée au <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/le-musee-sorolla-une-oasis-au-coeur-de-madrid/20210727153819067098.html">musée</a> du Louvre à Paris et est <strong>visitée par des millions de personnes chaque année</strong>. La technique utilisée par son créateur, le célèbre Léonard de Vinci, ainsi que les mystères qui l'entourent, font de La Joconde, également connue sous le nom de Mona Lisa, <strong>un tableau unique d'une valeur extraordinaire</strong>. Eh bien, cette peinture a une sœur, une réplique dont <a href="/articulo/que-voir-a-andalousie/decouverte-des-restes-dun-port-phenicien-et-romain-a-cadix/20201020154100066921.html">les dernières recherches</a> en ont fait un spécimen intéressant. Il s'agit de la Mona Lisa du Prado, la plus ancienne reproduction du chef-d'œuvre de De Vinci, réalisée parallèlement à l'original.</p><p><figure class="image"><img class="size-large wp-image-298831" src="https://espagnefascinante.fr/wp-content/uploads/Mona-Lisa-2-1-786x1024.jpg" alt="La Mona Lisa au Prado" width="786" height="1024" /><figcaption> La Mona Lisa du Prado. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p><h2>La résurgence d'une star</h2></p><p>Pendant des siècles, <strong>la Mona Lisa du Prado a été sous-estimée</strong>. Elle était considérée comme une pièce peu importante, juste une autre copie de la célèbre Mona Lisa. Mais 2012 est arrivé. À cette époque,<strong> le musée du Louvre préparait une exposition sur De Vinci</strong> et a demandé à <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">l'institution madrilène</a> d'y inclure sa réplique décriée. Vicent Delieuvin, conservateur de la peinture italienne au Louvre, a alors demandé à la technicienne principale du bureau de documentation technique du <a href="/articulo/musees-despagne/visitant-le-musee-du-prado-de-madrid/20200416153702071562.html">Prado</a>, Ana González Mozo, si la réplique avait fait l'objet d'une recherche. Motivé par ce doute, <strong>González Mozo a commencé à rechercher sur cette mystérieuse reproduction</strong>. La graine de la suspicion avait déjà été plantée.</p><p>À ce moment-là, la Mona Lisa du Prado n'avait pas de fond. <strong>Ce n'était pas un paysage comme aujourd'hui, mais un fond noir</strong>. Heureusement, grâce à des <a href="/articulo/que-voir-a-galice/porche-de-la-gloire-saint-jacques-de-compostelle/20211014120947067163.html">techniques de restauration avancées</a>, les chercheurs ont découvert qu'il y avait quelque chose derrière le noir. <strong>Le même paysage que celui que l'on peut voir dans l'original de Mona Lisa</strong>. C'était le vrai fond caché derrière un rideau d'ombre.</p><p><a href="/articulo/que-voir-a-castille-la-manche/motilla-del-azuer/20210316130249067024.html">Cette découverte a tout changé</a>. Dès lors, il était possible de savoir qu'il ne s'agissait pas de n'importe quelle copie, mais de la plus ancienne et de la seule qui ait été réalisée en même temps que l'original.</p><p><h2>Questions non résolues</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298832" src="/media/espagnefascinante/images/2021/10/15/20211015100201298832.jpg" alt="Intérieur du musée du Prado" width="800" height="500" /><figcaption> Intérieur du musée du Prado. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>La première référence à la Joconde du Prado date du XVIIe siècle, soit au moins 100 ans après que De Vinci ait peint sa Joconde. Plus précisément, <strong>c'est en 1666</strong> qu'un <a href="/articulo/oeuvres-dart/velazquez-portrait-prince-prado/20210901151442071586.html">tableau</a> a été inventorié sous le numéro 588 dans la Gallérie du Midi de <a href="/articulo/les-meilleurs/les-palais-royaux-despagne-lart-comme-temoignage-de-lhistoire/20201016235341066917.html">l’Alcazar Royal de Madrid</a> avec la légende "muger de la mano de Leonardo Abince" (femme avec main de Leonardo Abince). Dès 1819, lorsque le musée du Prado a été fondé, <strong>cette œuvre a fait partie de sa collection</strong>. La Joconde du <a href="/articulo/musees-despagne/visitant-le-musee-du-prado-de-madrid/20200416153702071562.html">Prado</a> a été exposée à de nombreuses reprises dans les galeries du musée et a attiré de nombreux visiteurs curieux, mais elle n'a jamais eu l'importance qu'elle a aujourd'hui.</p><p>Quant à la deuxième question, à savoir pourquoi <a href="/articulo/oeuvres-dart/riviere-bidassoa-tableau-martin-rico/20210826071134071585.html">le tableau</a> se trouve en Espagne, <strong>la réponse est plus imprécise et mystérieuse</strong>. L'une des théories, qui n'est pas prouvée, suggère que c'est le sculpteur Pompeo Leoni qui a introduit la copie en Espagne. Cette hypothèse repose sur le fait que Leoni possédait plusieurs œuvres de De Vinci. Parmi les plus notables, les Codex de Madrid I et II, aujourd'hui conservés à<a href="/articulo/que-voir-a-madrid/les-bibliotheques-les-plus-belles-de-madrid/20200224121346066707.html"> la Bibliothèque Nationale</a>. En résumé, on sait que la Joconde du Prado est entrée en Espagne avant 1666, mais on ne sait pas exactement quand, <strong>ni avec certitude qui l'a introduite et pourquoi</strong>.</p><p><h2>Similitudes et différences entre les répliques et les originaux</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298833" src="/media/espagnefascinante/images/2021/10/15/20211015100202298833.jpg" alt="À gauche, la Mona Lisa de De Vinci. À droite, la Mona Lisa du Prado" width="800" height="500" /><figcaption> À gauche, la Mona Lisa de De Vinci. À droite, la Mona Lisa du Prado. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p>La Mona Lisa du Prado se distingue facilement de sa sœur. En fait, certains experts en la matière sont frappés par le fait que, de toutes les répliques, <strong>c'est celle qui ressemble le moins à l'original</strong>. La différence la plus notable réside dans l'absence de la célèbre technique du <em>sfumato</em> qui caractérise les <a href="/articulo/les-meilleurs/7-oeuvres-dart-situees-dans-des-lieux-uniques-despagne/20190126171510066582.html">œuvres</a> de Léonard. Ce procédé pictural est obtenu en donnant aux compositions un contour diffus, qui intègre l'arrière-plan à l'élément principal. Cette technique est à son meilleur dans la Mona Lisa de De Vinci. En revanche, la Mona Lisa du <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">Prado</a> est parfaitement définie. C'est comme une copie HD de sa sœur, <strong>une reproduction dans laquelle la Joconde est séparée de l'arrière-plan</strong>.</p><p>Une autre différence par rapport à l'original, plus difficile à voir, est <strong>la poitrine de la femme</strong>. Les experts soulignent que cette reproduction révèle clairement une connaissance déficiente de l'anatomie <a href="/articulo/legendes-en-espagne/le-quartier-qui-a-disparu-a-barcelone/20210825100116068605.html">humaine</a>. De même, le conservateur du Prado, Miguel Falomir Faus, a souligné que toutes ces disparités se retrouvent dans "la manière dont la couleur est appliquée, sans nuances et sur des surfaces limitées par d'épaisses lignes noires". Cependant, le même conservateur a souligné que ce sont précisément <strong>ces différences qui révèlent des détails</strong> qui ne pouvaient pas être vus dans la <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/madrid-bonaparte/20210924123245067150.html">peinture originale</a>.</p><p>D'autre part, les similitudes s'observent, tout d'abord, dans les dimensions et les <strong>formes identiques de la copie et de l'original</strong>. Cette singularité suggère que les deux <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-grenade-de-fortuny-avec-un-ciel-de-lapis-lazuli-tableaux-qui-envoutent/20210813112852071584.html">tableaux</a> ont été réalisés à partir du même carton. En outre, l'original et la réplique présentent également la <strong>ligne rouge distinctive avec laquelle Da Vinci soulignait les yeux</strong> des visages dans ses dessins. Mais la preuve que les deux œuvres ont été réalisées en même temps réside dans les dessins étonnamment similaires qui se trouvent sous la <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">peinture</a>. En outre, les corrections qui apparaissent dans le tableau original sont répétées une à une dans la copie, comme le souligne le <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/la-route-complete-des-meilleurs-musees-de-madrid/20200902170938066869.html">Musée National du Prado</a>.</p><p><h2>Le peintre mystérieux de la Joconde du Prado</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298834" src="/media/espagnefascinante/images/2021/10/15/20211015100204298834.jpg" alt="Version Ganay du Salvator Mundi de De Vinci" width="800" height="1013" /><figcaption> Version Ganay du <em>Salvator Mundi</em> de De Vinci. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p>Une autre des questions entourant cette reproduction est l'identité de son auteur. <strong>On ne sait pas avec certitude qui pourrait être l'auteur</strong>, <a href="/articulo/que-voir-a-murcie/algameca-chica-carthagene/20211011142248067161.html">mais certaines questions sont éclaircies</a>. Tout d'abord, il doit s'agir <strong>d'une personne très proche de l'artiste</strong> avec qui De Vinci travaillait étroitement. Plus précisément, l'un des élèves dans son propre atelier. D'autre part, on sait également que ce même artiste a réalisé deux autres copies de <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">tableaux</a> de De Vinci : une du <em>Salvator Mundi</em>, dite <em>Version Ganay</em>, et une autre de l'œuvre connue sous le nom de <em>Sainte Anne</em>.</p><p>De tous les candidats, les <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/abri-souterrain-retiro/20211001112128067154.html">historiens</a> en ont choisi deux : <strong>Andrea Salai et Francesco Melzi</strong>. Tous deux étaient de très proches disciples de Léonard. Melzi était également le dernier héritier des peintures de son maître et était responsable de leur conservation. Dans le cas de Salai, il était également le modèle et l'amant de De Vinci. Les deux hypothèses ont été avancées par le Prado et le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France. <strong>Mais ce ne sont que des conjectures</strong>.</p><p><h2>Une version inachevée de la Joconde</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298835" src="/media/espagnefascinante/images/2021/10/15/20211015100212298835.jpg" alt="Musée du Prado, Madrid" width="800" height="500" /><figcaption> Musée du Prado, Madrid. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Pour le conservateur du Louvre Vicent Delieuvin, <strong>la réplique du Prado n'est qu'une version inachevée de la Joconde</strong>. Il s'agit, comme il l'a souligné dans une <a href="/articulo/que-voir-a-cantabrie/grand-puits-mtde/20210908133436067127.html">interview</a> accordée à <em>eldiario.es</em>, d'un état intermédiaire de la création : "comme une photographie de celle du Louvre avant qu'elle ne soit terminée".</p><p>Quoi qu'il en soit, <a href="/articulo/legendes-en-espagne/les-tresors-de-la-grotte-du-cantal-a-malaga/20210820112530068604.html">les récentes découvertes</a> faites sur la Joconde du Prado et la suppression du fond noir au profit de l'original ont motivé l'organisation d'une nouvelle exposition. <em>Léonard et la copie de la Jocond</em>e, <em>nouvelles approches de la pratique de l'atelier Vinci</em> a <strong>ouvert au public le 28 septembre et sera exposé au Musée Nationale du Prado jusqu'au 23 janvier</strong>.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[La Mona Lisa du Prado, la plus ancienne réplique de La Joconde]]></media:title>
        <media:text><![CDATA[]]></media:text>
        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
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        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[Velázquez et le portrait d'un prince qui n'a jamais régné | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
    <link>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/velazquez-portrait-prince-prado/20210901171442071586.html</link>
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  <pubDate>Wed, 1 Sep 2021 17:14:42 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Les  nuages sont encore présents dans le ciel , mais la seule mer qu'il y a maintenant est celle formée par la nature avec ses arbres. La voyageuse de l’art se trouve dans un nouveau décor. Elle se retourne pour observer son environnement. Juste...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Les <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">nuages sont encore présents dans le ciel</a>, mais la seule mer qu'il y a maintenant est celle formée par la nature avec ses arbres. La voyageuse de l’art se trouve dans un nouveau décor. Elle se retourne pour observer son environnement. Juste derrière elle découvre un cheval au galop, sur lequel est monté un enfant. <strong>C'est la scène la plus étrange qu'elle ait rencontrée jusqu'à présent</strong> et elle s'arrête pour <a href="/articulo/oeuvres-dart/les-fusillades-du-3-mai-de-goya/20200416161637071563.html">analyser chaque détail minutieusement</a>.</p><p>Elle est assez confuse. Elle décide de ne pas jouer aux devinettes avec <a href="/articulo/oeuvres-dart/riviere-bidassoa-tableau-martin-rico/20210826071134071585.html">son compagnon audioguide</a> cette fois-ci. Elle commence à regarder autour d'elle afin que toutes les informations dont elle a besoin pour ne plus être perdue commencent à lui parvenir. La voix commence à faire son travail. L’audioguide lui révèle l'endroit où ils se trouvent.</p><p><h2>Le dernier galop</h2></p><p>Ils sont <a href="/articulo/que-voir-a-castille-et-leon/eglise-san-frutos-de-segovie-de-lart-roman-au-bord-dune-falaise/20200608121101066782.html">en pleine nature</a>, près du Mont El Pardo, <strong>la résidence du roi et de la reine d'Espagne</strong>. Ils ont voyagé jusqu'à l'année 1635, alors que Philippe IV et Isabelle de Bourbon sont chargés de régner. C'est à ce moment que la voix présente à la voyageuse le protagoniste qui se trouve juste devant elle : <strong>il s'agit du successeur au trône, le prince Baltasar Carlos</strong>. Bien que les personnes présentes, à l'exception de la voix et de la jeune femme, <a href="/articulo/legendes-en-espagne/cesar-borgia-le-prince-de-machiavel-qui-mourut-dans-la-boue-de-viana-a-lombre-dun-chateau-6/20210811113219068600.html">ne savent pas qu'il ne régnera jamais vraimen</a>t.</p><p>La jeune fille regarde la scène avec tendresse, il n'est qu'un garçon à cheval, mais elle sait tout ce qui va se passer. <strong>La voix rafraîchit l'histoire et lui dit que le prince va mourir alors qu'il n'a que 16 ans</strong>. Sa mère était morte seulement deux ans plus tôt, en 1644. Pour cette raison, la <a href="/articulo/legendes-en-espagne/marie-de-russie-lheritiere-de-lempire-russe-nee-a-madrid/20210812101158068601.html">monarchie se trouve dans une situation complexe</a> et il y a une crise grave. Il n'y a pas d'héritier au trône et il n'y a pas de reine pour engendrer un nouveau successeur.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298366" src="/media/espagnefascinante/images/2021/09/01/20210901150330298366.jpg" alt="Peinture de Velázquez Le Prince Baltasar Carlos à cheval" width="800" height="964" /><figcaption> Peinture de Velázquez <em>Le Prince Baltasar Carlos à cheval</em> | Wikimedia Commons</figcaption></figure></p><p><h2>Naissance de <em>Les Ménines</em></h2></p><p>Pour toutes ces raisons, Philippe IV épouse l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche en 1647. <strong>Ce mariage a donné naissance à l'Infante Margarita María Teresa d'Autriche</strong>. Margarita, à l'insu de l'artiste, allait être le sujet de <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/premier-batiment-gaudi/20210901140855067123.html">l'une des œuvres les plus importantes de sa carrière</a>. Ce n'est autre que l'Infante qui apparaît au premier plan du tableau emblématique <em>Les Ménines</em>. Soudain, quelque chose fait sortir <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">la voyageuse de l'histoire</a> que l'audioguide lui raconte.</p><p>Le cheval est devenu nerveux et n'arrête pas de bouger, mais le prince parvient à le calmer. Un autre homme semble également avoir été effrayé. La voyageuse n'a pas eu besoin d'aide pour le reconnaître. Non seulement à cause de son apparence, mais aussi grâce à toutes les informations qu'elle a obtenues sur la <a href="/articulo/legendes-en-espagne/roi-espagne-guerres-mondiales/20210831152040068608.html">Couronne</a>, <strong>elle sait qu'elle se trouve devant Diego Rodríguez de Silva y Velázquez</strong>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298367" src="/media/espagnefascinante/images/2021/09/01/20210901150331298367.jpg" alt="L'œuvre de Velázquez Les Ménines" width="800" height="500" /><figcaption> L'œuvre de Velázquez <em>Les Ménines</em> | Wikimedia Commons</figcaption></figure></p><p>Elle sait aisément qu'elle se trouve devant l'œuvre <em>Le Prince Baltasar Carlos à cheval</em>, <strong>un tableau qui, au XXIe siècle, est exposé au musée du Prado</strong>, mais qui, au XVIIe siècle, a été créé dans une intention différente : décorer les murs du Salon des royaumes du <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/le-palais-du-senat-de-madrid/20210511153434067053.html">palais du Buen Retiro</a>. L'espace accordé à l'œuvre se trouve au milieu des deux tableaux qui représentent également les rois : Philippe IV, à cheval, et la reine <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">Isabelle de Bourbon</a>, également à cheval.</p><p><h2>Le son de la nature</h2></p><p>La nature émet ses sons caractéristiques et la voyageuse laisse le chaos de côté et <strong>prend ses distances pour écouter et regarder attentivement le paysage</strong>. Elle observe les formations rocheuses en arrière-plan, mais dans ce cas, elle est incapable de les différencier et s'en remet à la sagesse, comme auparavant, de son fidèle compagnon. Et ce dernier, sans la décevoir, <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-grenade-de-fortuny-avec-un-ciel-de-lapis-lazuli-tableaux-qui-envoutent/20210813112852071584.html">commence à réciter les informations</a>.</p><p>Comme dans les autres portraits de cette série, les modèles sont représentés dans un paysage proche de la cour royale, dans ce cas près des montagnes du Pardo. Sur la gauche se trouve la chaîne de <strong>montagnes Sierra del Hoyo</strong> et, au moment où il la nomme, <strong>elle se tourne pour la regarder</strong>. Elles font partie du <a href="/articulo/que-voir-a-murcie/plage-paradisiaque-calblanque-murcie/20210825152715067119.html">parc régional</a> Cuenca Alta del Manzanares. À droite, elle voit également des montagnes. C'est la Sierra de Guadarrama, si importante pour la ville de Madrid.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298368" src="/media/espagnefascinante/images/2021/09/01/20210901150332298368.jpg" alt="Vues de Madrid depuis El Pardo" width="800" height="500" /><figcaption> Vues de Madrid depuis El Pardo | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Un geste attire l'attention de la voyageuse. <a href="/articulo/que-voir-a-castille-et-leon/onze-joyaux-de-segovie-qui-temoignent-de-la-beaute-de-la-province/20210730112510067103.html">Velázquez</a> lui-même montre du doigt deuz montagnes curieuses : La Maliciosa et Cabezas de Hierro. Le mont <em>Maliciosa</em> <strong>porte ce nom énigmatique en raison de la complexité des chemins qui mènent au sommet</strong>. <em>Cabezas de hierro</em> ou Têtes de fer tire également son nom d'un fait curieux : il y a du fer magnétique au sommet de ces pics de la <a href="/articulo/tourisme-actif/la-pedriza-lescalade-en-dalle-la-plus-difficile-du-monde-se-trouve-a-madrid/20210721095654068824.html">Sierra de Guadarrama</a>.</p><p>Soudain, une fois de plus, le cheval est hors de contrôle, mais le prince, malgré son jeune âge, reste impassible sur son dos. <strong>La voyageuse regarde l'œuvre du peintre</strong> : chaque coup de pinceau glisse sur la toile de manière méticuleuse. En fait, <a href="/articulo/les-meilleurs/venez-decouvrir-les-plus-beaux-theatres-despagne/20200701155501066806.html">il fait quelque chose de révolutionnaire</a>. Ce n'est pas un portrait ordinaire. La partie paysagère prend également une grande importance, un style inédit en Europe.</p><p><h2>Une nouvelle voie</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298369" src="/media/espagnefascinante/images/2021/09/01/20210901150334298369.jpg" alt="Palais royal d'El Pardo" width="800" height="500" /><figcaption> Palais royal d'El Pardo | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Velázquez s'approche de la voyageuse pour lui montrer quelque chose. Elle, toujours nerveuse de ce qu'elle vit, s'approche de lui. <strong>Ses yeux lui indiquent un chemin à travers la végétation du lieu</strong>, mais dans la direction opposée. La voyageuse lui parle avec ses yeux et exprime son <a href="/articulo/legendes-en-espagne/secrets-curiosites-et-anecdotes-gardes-par-luniversite-de-salamanque/20210601092258068591.html">incertitude</a>. L'artiste la calme et lui dit à nouveau de prendre le chemin. Son expression transmet une paix et une sécurité réelles. Elle n'a pas l'impression qu'il veut qu'elle parte, elle le ressent comme une nouvelle aventure à <a href="/articulo/culture-espagnole/ende-la-grande-miniaturiste-du-xe-siecle-femmes-eternelles-1/20210308161433070908.html">découvrir sans cesse</a>.</p><p>Elle voit à nouveau le chemin. Lorsqu'elle porte à nouveau son attention sur la scène, elle voit le peintre tendre un bâton au petit prince. <strong>Ce dernier le prend dans sa main droite, tandis que Velázquez continue de peindre</strong>. La voyageuse se dirige vers sa nouvelle destination et s'engage <a href="/articulo/culture-espagnole/concepcion-arenal-une-femme-visionnaire-femmes-eternelles-8/20210427144744070917.html">sur le chemin avec conviction</a>. Elle se retourne et croise le regard de Velázquez, qui la calme et lui dit d'avancer. Elle l'écoute et continue à marcher. Comme d’habitude, elle se trouve sur <a href="/articulo/que-voir-a-andalousie/la-grotte-de-nerja-une-merveille-naturelle-habitee-depuis-il-y-a-40-000-ans/20200713112421066821.html">une nouvelle scène</a>.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[Velázquez et le portrait d'un prince qui n'a jamais régné | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
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        </item>
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  <title><![CDATA[La rivière Bidassoa, immortalisée dans les coups de pinceau de Martín Rico y Ortega | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Thu, 26 Aug 2021 09:11:34 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ La première chose qu'elle remarque ce sont  les immenses nuages dans le ciel . Elle a froid aux pieds, regarde en bas et voit l'eau qui monte de la mer et mouille le sable. La voyageuse de l’art se détourne pour chercher un endroit où l'eau ne...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>La première chose qu'elle remarque ce sont <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">les immenses nuages dans le ciel</a>. Elle a froid aux pieds, regarde en bas et voit l'eau qui monte de la mer et mouille le sable. La voyageuse de l’art se détourne pour chercher un endroit où l'eau ne baigne pas le sol. Elle le trouve, sur un petit rocher, <strong>elle observe le paysage et le ressent</strong>.</p><p>Le nombre de bateaux qui reposent à cet endroit peut lui donner <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">un indice sur l'endroit où elle se trouve</a>. Il doit s'agir d'une municipalité côtière où la pêche constitue un moyen de subsistance économique important pour ses habitants. Elle joue, comme elle l'a fait à d'autres reprises, à <strong>essayer de trouver des informations sans l'aide de l'audioguide</strong> et à <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-grenade-de-fortuny-avec-un-ciel-de-lapis-lazuli-tableaux-qui-envoutent/20210813112852071584.html">placer ses propres paris</a>.</p><p><h2>Le jeu de sensations de Martín Rico y Ortega</h2></p><p>Pour ce faire, elle regarde les vêtements des gens. Elle pense avoir voyagé deux siècles en arrière. Son fidèle compagnon vocal rompt le pacte et <strong>commence à confirmer ou infirmer ses hypothèses</strong>. Elle vérifie qu'ils sont au 19ème siècle, en fait ils ont été transportés en 1872. Après avoir deviné la bonne réponse, elle continue le jeu, maintenant pour <strong>trouver l'endroit précis où elle se trouve</strong>. Pour ce faire, <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">elle analyse le paysage</a> et un fait important : l'accent de la foule de personnes présentes dans la scène. D'après le climat et la façon dont ils parlent tous, il semble qu'ils sont dans le nord de l'Espagne. Elle affirme qu'ils se trouvent au <a href="/articulo/que-voir-a-pays-basque/le-chateau-de-butron-la-grande-fantaisie-romantique-du-pays-basque/20200916144940066885.html">Pays basque</a>, plus précisément à Fuenterrabía.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298308" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/25/20210825160639298308.jpg" alt="L'embouchure de la Bidassoa et les villes qui l'ont formée : Irún, Hendaye et Hondarribia" width="800" height="500" /><figcaption> L'embouchure de la Bidassoa et les villes qui l'ont formée : Irún, Hendaye et Hondarribia | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Elle continue à spéculer et des souvenirs commencent à lui revenir. <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">La scène lui est familière</a>, <strong>elle a déjà vu ce paysage auparavant</strong>. Elle l'a déjà vue lors d'une de ses nombreuses visites au musée du Prado. La voix entre en jeu et avoue qu'elle a raison. Il s'agit de l'œuvre <em>Desembocadura del Bidasoa</em>, de Martín Rico y Ortega. L'artiste est également présent dans la scène, <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">immortalisant chaque détail sur la toile</a>. Comme la voyageuse, il le fait à l'abri de l'eau qui monte de la mer et baigne le sable. Lorsqu'elle lève les yeux, elle croise le regard complice de l'artiste et lui rend son geste.</p><p>La plage de Fuenterrabía/Hondarribia est pleine de marins et de pêcheurs entassés sur ou près du rivage avec leurs bateaux qui viennent s'échouer. La scène est également composée de nombreux <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">enfants jouant dans le sable mouillé</a>. Vous pouvez le sentir dans l'air et entendre les petits s'amuser et rire. <strong>La tendresse envahit la voyageuse lorsqu'elle observe avec quelle joie ils remplissent l'atmosphère de sons</strong>.</p><p><h2>La rivière embrassée par deux pays</h2></p><p>Elle est hypnotisée par l'eau de la mer. La Bidassoa, un nom qui fait partie du titre de l'œuvre, est également <a href="/articulo/que-voir-a-asturies/route-vers-un-hublot-naturel-pour-contempler-le-ciel-des-asturies/20210521092132067061.html">très présente dans l'enclave</a>. <strong>C'est ici que la rivière se jette dans la mer Cantabrique</strong>. Sur une rive se trouve l'Espagne et sur l'autre la France.</p><p>La voix commence à parler du lieu à <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">la voyageuse</a>. On l'appelle Fuenterrabía, ce qui signifie "gué de sable", bien que ce ne soit pas tout à fait exact. L'anecdote réside dans le fait qu'à l'époque de la visite de la voyageuse de l'art, la ville s'appelait Fuenterrabía, <a href="/articulo/legendes-en-espagne/le-quartier-qui-a-disparu-a-barcelone/20210825100116068605.html">mais qu'à l'époque actuelle du XXIe siècle, ce fait a changé</a>. Cela est dû au fait que, dans les années 1980, le conseil municipal et <strong>les habitants ont décidé d'appeler la ville Hondarribia</strong>. Tous les panneaux annoncent aujourd'hui la ville avec le nouveau nom.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298309" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/25/20210825160640298309.jpg" alt="Maisons à Hondarribia, Pays basque espagnol" width="800" height="500" /><figcaption> Maisons à Hondarribia, Pays basque espagnol | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>Le gué de sable</h2></p><p>Le lieu où se déroule la scène est très proche de la <a href="/articulo/sport-et-nature-en-espagne/la-route-transpyreneenne-qui-unifie-les-frontieres-de-lespagne-et-de-la-france/20210918181136068821.html">frontière avec la France</a>. En fait, ce que l'on peut voir à droite de l'œuvre et que la voyageuse de l'art peut voir de ses propres yeux, <strong>c'est la pointe de Sainte Anne à Hendaye</strong>. On peut également voir les deux rochers situés au pied du promontoire de Sainte Anne, appelés <em>les deux jumeaux</em>. On peut même apercevoir la ville <a href="/articulo/legendes-en-espagne/lentetement-du-pape-luna-lantipape-de-peniscola-a-lombre-dun-chateau-5/20210811092334068599.html">française</a> de Biarritz, que Martín Rico y Ortega capture dans l'œuvre par de subtils coups de pinceau en arrière-plan.</p><p>Elle regarde chaque <a href="/articulo/musees-despagne/une-visite-au-musee-reina-sofia/20200423121728071567.html">coup de pinceau</a> qui recouvre la toile de peinture. La nostalgie l'envahit, <strong>elle se souvient parfaitement de la première fois où elle a vu l'œuvre achevée</strong>, des siècles plus tard, au musée du Prado. Bien qu'elle n'y ait pas toujours été exposée. Rico y Ortega jouissait d'une grande notoriété et d'une grande réputation à l'époque où il a élaboré cette œuvre. Elle a été exposée des années auparavant, en 1878, à <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">l'Exposition universelle de Paris</a>, <strong>où il était l'un des artistes les plus remarquables</strong>.</p><p><h2>Martín Rico y Ortega, un artiste espagnol pionnier</h2></p><p>Martín y Rico y Ortega, né à Madrid, est considéré comme <strong>l'un des pionniers de la peinture de paysage espagnole moderne</strong>. Il a voyagé dans <a href="/articulo/les-meilleurs/les-aqueducs-romains-en-espagne-quil-faut-decouvrir/20200921155804066890.html">différentes parties du monde</a>, comme l'Italie et la Grande-Bretagne, rencontrant des artistes et nourrissant son inspiration. Il a été un précurseur des mouvements artistiques en Espagne, ce qui se reflète dans cette œuvre. L'artiste a été <strong>l'un des premiers à peindre ce paysage</strong> particulier, qui a ensuite inspiré de nombreux autres artistes, comme Darío de Regoyos.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298310" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/25/20210825160641298310.jpg" alt="La Desembocadura del Bidasoa, Martín Rico y Ortega" width="800" height="500" /><figcaption> <em>La Desembocadura del Bidasoa</em>, Martín Rico y Ortega. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><a href="/articulo/legendes-en-espagne/la-loi-qui-a-permis-de-tuer-des-basques-en-islande-jusquen-2015/20210818122746068603.html">Un bateau s'est échoué et a du mal à atteindre la rive et à débarquer</a>. Certains des marins se rendent sur le bateau pour aider et <strong>l'agitation transporte la jeune femme sur les lieux</strong>. Elle voit qu'un des groupes d'enfants n'est plus assis sur le sable et qu'ils courent maintenant. Ils s'approchent de plus en plus de la voyageuse de l'art et jouent avec elle comme s'il s'agissait d'un pilier sur lequel ils peuvent se cacher pour que leurs amis ne les trouvent pas. Au milieu de tout ce désordre et lorsqu’elle tourne  sur elle-même, <a href="/articulo/que-voir-a-aragon/les-plus-beaux-villages-de-huesca/20210708100231067084.html">il n'y a plus de mer</a>.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[La rivière Bidassoa, immortalisée dans les coups de pinceau de Martín Rico y Ortega | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
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        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
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        </item>
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  <title><![CDATA[La Grenade de Fortuny avec un ciel de lapis-lazuli | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Fri, 13 Aug 2021 13:28:52 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Avec le sable encore sur ses pieds et  l'odeur du sel  encore dans son corps, elle se souvient et se transporte, maintenant mentalement,  dans chaque scène qu'elle a vécue . Elle prend des notes et consigne des sensations dans son carnet qui,...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Avec le sable encore sur ses pieds et <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">l'odeur du sel</a> encore dans son corps, elle se souvient et se transporte, maintenant mentalement, <strong>dans chaque scène qu'elle a vécue</strong>. Elle prend des notes et consigne des sensations dans son carnet qui, appuyé sur le lit et sans que personne ne le touche, tourne ses pages. Le coupable, comme toujours, est la brise de vent qui l'a tant accompagnée. <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">Elle ferme les yeux, sachant ce qui va se passer</a>. Lorsqu'elle les ouvre, ses soupçons se réalisent : la voyageuse de l'art, fidèle à son surnom, a voyagé.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298187" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/13/20210813111528298187.jpg" alt="Vue du paysage avec l'Alhambra de Grenade en arrière-plan" width="800" height="500" /><figcaption> Vue du paysage avec l'Alhambra de Grenade en arrière-plan. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Les rayons du soleil ne touchent pas encore sa peau, mais <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">la lumière envahit tout le paysage</a>. Elle est face à un grand jardin plein de plantes et de fleurs qui l'invite à y entrer. <strong>Le sentiment de la jeune femme dans ce lieu est très agréable</strong>. Elle ne sait pas vraiment où elle se trouve, car elle n'a pas encore reçu l'aide de son fidèle compagnon, l'audioguide. D'après le climat et l'odeur de l'air, elle sent qu'elle est quelque part <a href="/articulo/que-voir-a-murcie/chateau-de-caravaca-de-la-cruz-legendes-traditions-et-mysteres-medievaux/20210604093820067064.html">dans le sud de l'Espagne</a>.</p><p><h2>Au pied des cyprès</h2></p><p>Le ciel, plus bleu que jamais, rayonne de lumière. C'est une scène joyeuse, qui rappelle l'été et <strong>le plaisir de profiter du beau temps</strong>. <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">Le ciel est complètement dégagé</a>, seul un nuage blanc est visible parmi les cyprès en arrière-plan. L'audioguide lui a déjà donné, comme il le fait toujours, toutes les informations utiles dont elle a besoin. Toujours de la même manière : en révélant les détails de tout ce qui englobe la vision de la jeune femme et ce que ses yeux pointent.</p><p>Une avalanche d'informations déferle sur la jeune femme. La voix lui révèle, après avoir assisté à la scène pendant quelques minutes, <strong>qu'elle se trouve à Grenade</strong>. Plus précisément, dans le jardin de la maison familiale où Mariano Fortuny vit avec sa femme et ses enfants. <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">L'artiste, catalan de naissance</a>, est venu des années plus tard vivre et profiter de Grenade avec sa femme.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298188" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/13/20210813111533298188.jpg" alt="Sculpture en l'honneur de Mariano Fortuny exposée à Barcelone" width="800" height="500" /><figcaption> Sculpture en l'honneur de Mariano Fortuny exposée à Barcelone. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>Cecilia et le jardin inachevé</h2></p><p>Le chant des oiseaux, le bruit de l'eau qui tombe dans les jets de la fontaine, les feuilles qui se balancent sous <strong>le vent doux qui va et vient dans le jardin et l'odeur des fleurs envahissent les protagonistes</strong>. Et c'est exactement ce que l'artiste capte, à l'aide de la technique de la chambre noire, dans son œuvre <em>Jardin de la maison de Fortuny</em>. Bien que pas entièrement. Le fait est que <a href="/articulo/oeuvres-dart/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607153053071583.html">le protagoniste de l'œuvre, qui est la femme</a> de Fortuny, Cecilia de Madrazo, ne pose pas pour l'œuvre. Elle est également dans le jardin, mais pas devant son mari, comme on peut le voir dans la pièce.</p><p>Bien qu'aucun des deux ne le sache à ce moment-là, <strong>l'œuvre ne sera pas terminée par l'artiste qui l'a commencée, Fortuny</strong>. La voix continue à faire son travail et informe la voyageuse de l’art de tout ce dont elle a besoin pour comprendre la scène, qui est soudainement devenue <a href="/articulo/legendes-en-espagne/cesar-borgia-le-prince-de-machiavel-qui-mourut-dans-la-boue-de-viana-a-lombre-dun-chateau-6/20210811113219068600.html">quelque peu tragique</a>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298189" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/13/20210813111538298189.jpg" alt="Peinture Jardin de la maison de Fortuny - Mariano Fortuny" width="409" height="599" /><figcaption> Peinture <em>Jardin de la maison de Fortuny</em> - Mariano Fortuny. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p>Ce que le Catalan peint en réalité, c'est son jardin. <strong>La figure de Cecilia avec son parasol rouge caractéristique a été ajoutée par son frère</strong>, Raimundo de Madrazo. Il a également ajouté le chien sur la gauche. Cela est dû au fait que le <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">tableau</a> a été commencé en 1872 mais a été interrompu en 1876 en raison de la mort de Fortuny due à la malaria. Les travaux sont repris par son beau-frère, qui ne les achève qu'en 1878.</p><p>Fortuny n'avait que 36 ans lorsqu'il est mort, mais au moment de sa mort, <strong>il était déjà un peintre bien reconnu</strong>, avec une grande renommée et une grande influence. Il est en effet considéré <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">comme l'un des artistes les plus importants du XIXe siècle</a>, aux côtés d'illustres artistes tels que Goya. Il s'est beaucoup intéressé à ses œuvres, ainsi qu'à celles de Velázquez, lors de ses nombreuses visites au musée du Prado. Il y rencontre l'homme qui, à son insu, deviendra son beau-père. Le père de Cecilia était également un artiste, <strong>nul autre que Federico Madrazo</strong>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298190" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/13/20210813111546298190.jpg" alt="Patios du Généralife de l'Alhambra à Grenade" width="800" height="500" /><figcaption> Patios du Généralife de l'Alhambra à Grenade. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>"La plus belle des belles"</h2></p><p>La maison familiale qu'il crée avec sa femme est située au numéro 1 de Realejo Bajo. C'est le nom donné aux anciens vergers royaux où les <a href="/articulo/les-meilleurs/11-tombeaux-celebres-en-espagne-quil-est-possible-de-visiter/20200708150219066815.html">monarques</a> nasrides avaient <strong>l'habitude de passer leurs vacances</strong>. C'est dans ce quartier que se trouve aujourd'hui, au XXIe siècle, une place en son honneur qui porte son nom de famille. Bien qu'il n'ait pas grandi à Grenade, le lien et la passion qu'il ressent pour cette ville est énorme. C'est ce que l'audioguide dit à la jeune voyageuse, paraphrasant Fortuny lorsqu'il écrit à son ami Martín Rico :</p><p>"Grenade, la plus belle des belles, celle avec le ciel de lapis-lazuli, celle avec les tours et les forteresses roses et l'Alhambra d'or, d'argent, bref, <strong>de tout ce qu'il y a de plus riche au monde</strong>". La voix continue à rapporter les paroles de Fortuny et ajoute : "Je suis venu ici parce qu'il n'y a pas de peintres. La vie est deux fois moins chère et on est entièrement indépendant. J'ai une maison entière comme atelier, on peut peindre en plein air, sans voisins, et j'ai une vue sur la Vega, avec un soleil magnifique. Venez, nous allons passer un bon hiver, nous allons peindre des patios et des gitans à volonté".</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-298191" src="/media/espagnefascinante/images/2021/08/13/20210813111551298191.jpg" alt="Porte des sept étages de la muraille de l'Alhambra de Grenade" width="800" height="500" /><figcaption> Porte des sept étages de la muraille de l'Alhambra de Grenade. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">Cette complicité entre l'artiste et la ville n'est pas surprenante</a>. <strong>Au pied de sa maison, rien de moins que l'Alhambra</strong>. Le voyageur remarque sa présence. Cette merveille arabe a été une source d'inspiration infinie pour Fortuny pendant une grande partie de sa carrière professionnelle. Son lien avec le lieu est si fort que l'artiste y a même vécu, dans ce que l'on appelle la porte des sept étages, l'une des entrées les plus emblématiques des murs du complexe. Il est même allé plus loin en baptisant son fils à <a href="/articulo/que-voir-a-grenade/visiter-grenade-lalhambra-et-generalife/20140421150323067607.html">l'Alhambra</a> même, ce qui coïncide avec la période où la famille y a vécu entre 1870 et 1872.</p><p>Le parasol rouge de Cecilia hésite à s'envoler dans le vent qui a commencé à souffler à l'extérieur de la maison. <strong>Un vent plus fort l'oblige à se couvrir le visage et à se détourner</strong>. La voyageuse artistique se déconnecte ainsi de la voix de son compagnon et de la scène. Elle revient à la réalité. Cecilia ferme le parasol et lorsque la voyageuse de l’art regarde autour d'elle, elle n'est plus dans le <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/jardin-capricho-musee-madrid-capitale/20210422092636067038.html">jardin</a> familial de Fortuny. <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/le-jardin-marimurtra-lun-des-plus-beaux-balcons-de-la-mediterranee/20200817113915066855.html">Elle sent à nouveau la mer</a>.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[La Grenade de Fortuny avec un ciel de lapis-lazuli | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
        <media:text><![CDATA[]]></media:text>
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        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[La lumière de Sorolla dans la mer de Jávea | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
    <link>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/la-lumiere-de-sorolla-dans-la-mer-de-javea/20210607173053071583.html</link>
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  <pubDate>Mon, 7 Jun 2021 17:30:53 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Du calme à nouveau. Une fois de plus, la voyageuse de l'art a tourné la tête et ce qu'elle a trouvé est un autre endroit à explorer. Bien loin sont déjà les réjouissances de  la foule célébrant la fête de Saint-Isidore au printemps 1788 ....]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Du calme à nouveau. Une fois de plus, la voyageuse de l'art a tourné la tête et ce qu'elle a trouvé est un autre endroit à explorer. Bien loin sont déjà les réjouissances de <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">la foule célébrant la fête de Saint-Isidore au printemps 1788</a>. Maintenant, elle voit la mer, mais <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">elle sait qu'elle ne rencontrera plus Dalí</a>, car elle se trouve sur une autre plage. La brise caresse doucement ses cheveux. Elle est à l'aise, bien qu'elle n'ait encore aucun contexte, aucune information, elle n'en a pas besoin. Pour la première fois<strong>, elle observe pour ressentir</strong> et non pour recevoir des informations de l'audioguide.</p><p>Elle voit des rochers au loin. Le <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/les-dunes-de-maspalomas-un-paysage-de-reve/20210422152941067039.html">son magnétique des vagues</a> qui s'écrasent contre eux l'attire sur le site. Elle peut également distinguer deux silhouettes humaines, mais ne parvient pas à en découvrir beaucoup plus. Dans une sorte de jeu avec la voix qui l'accompagne toujours, elle demande à l'audioguide de la laisser découvrir. Elle veut tenter de découvrir par elle-même où elle se trouve, elle ne veut pas obtenir l'aide de son fidèle compagnon. <strong>Et c'est là qu'elle se dirige</strong>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297638" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/07/20210607135354297638.jpg" alt="La plage de la Granadella à Jávea" width="800" height="500" /><figcaption> La plage de la Granadella à Jávea. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Elle marche jusqu'à ce qu'elle se trouve en face des deux personnages. Maintenant, elle peut voir un peu plus. C'est une femme avec une petite fille. Lorsque la première se retourne, la voyageuse de l’art reste étonnée. Si ses yeux ne la trompent pas, elle est en face de Clotilde, épouse du <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/le-palais-du-senat-de-madrid/20210511153434067053.html">peintre Joaquín Sorolla.</a> La fillette est la plus jeune fille du couple, Elena Sorolla. Elle se souvient avoir vu son visage dans l'œuvre <em>Mes fils</em>, de 1904. Elle y reconnaît, derrière Clotilde et Elena, <strong>la mer méditerranéenne</strong>. C'est alors qu'elle laisse la voix de l'audioguide lui donner toutes les informations.</p><p><h2>Les lumières de Sorolla</h2></p><p>Après les informations fournies par son compagnon omniscient, elle vérifie qu'elle a bien compris, il s'agit de Clotilde et de sa fille Elena. Elle ne s'est pas trompée non plus sur le lieu, ils sont situés dans <a href="/articulo/que-voir-a-communaute-valenciana/excursion-au-montgo-une-montagne-magique-dans-la-marina-alta-dalicante-le-refuge-du-week-end/20210413101112067035.html">la ville de Jávea à Alicante</a>, plus précisément au cap de San Antonio. À ce moment-là, quelqu'un pose une main sur l'épaule de la voyageuse. Lorsqu'elle parvient à distinguer le visage, elle se rend compte qu'il s’agit de Joaquín Sorolla lui-même. Pinceau en main et toile prête, <strong>il</strong> <strong>immortalise le moment d'amour que lui offre sa famille</strong> dans ce lieu qu'il admire tant, Jávea.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297639" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/07/20210607135356297639.jpg" alt="Clotilde et Elena sur les rochers de Jávea, Sorolla" width="800" height="500" /><figcaption> Clotilde et Elena sur les rochers de Jávea, Sorolla. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p>En 1905, année où se déroule l'action, Sorolla a 42 ans. Il n'est pas dans ses années de formation, il a déjà obtenu <a href="/articulo/que-voir-a-aragon/la-citadelle-de-jaca-la-seule-forteresse-en-etoile-espagnole-encore-intacte/20201218132224066971.html">plusieurs de ses plus grands honneurs</a>. Il est Chevalier de la Grande Croix d'Isabelle la Catholique, membre de l'Académie des Beaux-Arts de Valence et a remporté des <strong>prix d'honneur à l'Exposition universelle de Paris</strong> et à l'Exposition nationale de Madrid. Bien qu'il n'ait pas encore dessiné certaines de ses œuvres les plus remarquables et acclamées, comme <em>Le petit cotre</em> ou <em>Promenade au bord de la mer</em>.</p><p><h2>Jávea, vivre en bord de mer</h2></p><p>Jávea, avec ses criques et ses plages impressionnantes, est <strong>une source continue d'inspiration pour l'artiste valencien</strong>. Cette sensation a également été ressentie en partie par la voyageuse de l’art, qui regarde autour d'elle et sent la paix l'envahir, malgré le fait que l'eau soit agitée. On <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/poris-de-candelaria-un-tresor-blanc-cache-parmi-les-rochers/20210331143059067030.html">peut ressentir la paix dans les vagues qui continuent à se briser sur les rochers</a>. Le son et l'image hypnotisent tout le monde.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297640" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/07/20210607135358297640.jpg" alt="Vues de Jávea sur le cap de San Antonio" width="800" height="500" /><figcaption> Vues de Jávea sur le cap de San Antonio. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Dans ces tableaux inspirés par les plages de Jávea, vous pouvez apprécier la <a href="/articulo/oeuvres-dart/le-regard-de-goya-sur-la-prairie-de-san-isidro-tableaux-qui-envoutent/20210601140330071582.html">technique développée par le peintre</a> avec la lumière. Il est considéré comme l'un des meilleurs artistes ayant pu captiver les jeux des lumières et des ombres de la nature.</p><p>Soudain, <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/les-statues-que-surveillent-madrid-depuis-les-hauteurs/20201001141102066899.html">son fidèle allié</a>, l’audioguide, entre en action, brisant le moment d'hypnose et cite quelques mots de Sorolla sur Jávea dirigés à la protagoniste de l'œuvre, sa femme Clotilde. On les retrouve <strong>dans une lettre écrite seulement 9 ans plus tôt</strong>, en 1896 : "Tout cela est une folie, un rêve, le même effet que si vous viviez dans la mer, et à bord d'un grand navire, comme vous avez eu tort de ne pas venir ! Vous seriez si heureuse... vous vous y plairiez tellement ! C'est l'endroit dont j'ai toujours rêvé, <a href="/articulo/que-voir-a-cantabrie/cimetiere-gothique-de-comillas/20210602154752067063.html">mer et montagne</a>, mais quelle mer ! Le cap San Antonio est une autre merveille, un énorme monument rougeâtre, énorme et immense. [...] La ville rappelle, avec une meilleure couleur, Tolède, et a l'apparence de vivre au XVIIe siècle".</p><p><h2>Clotilde et le musée Sorolla</h2></p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297641" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/07/20210607135400297641.jpg" alt="Clotilde sur la plage, Sorolla" width="800" height="500" /><figcaption> Clotilde sur la plage, Sorolla. | Wikimedia</figcaption></figure></p><p>Elena laisse échapper un rire qui renvoie la jeune femme sur les rochers. Elle sent la tendresse de la scène à côté du peintre, qui regarde Clotilde. Mais cette fois, c'est plus fugace, plus instantané. Cette fois, sa femme ne pose pas comme elle l'avait fait pour l’œuvre <em>Clotilde sur la plage</em>. Clotilde est, en cette année 1905 et toujours, <strong>une pièce maîtresse dans la vie de l'artiste</strong>. Elle est <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/la-plaza-mayor-de-madrid-400-annees-dhistoire-5-noms-differents-et-mille-usages-divers/20200907104351066875.html">la protagoniste incontestée de l'histoire</a> de l'artiste et la muse d'un grand nombre de ses œuvres.</p><p>Aucune des personnes présentes ne le sait encore, mais une grande partie de ses toiles sera exposée au musée Sorolla. <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/maison-musee-lope-de-vega-la-demeure-dun-genie-du-siecle-dor-espagnol/20201215162343066967.html">Le bâtiment est la propre maison</a> du peintre dans la rue Paseo del General Martínez Campos, numéro 37, à Madrid. Et tout cela se fera grâce à la protagoniste du tableau, Clotilde. La femme la plus importante dans la vie du peintre a donné, après sa mort, la maison et la plupart des tableaux afin que toute l'œuvre artistique du peintre valencien fasse <strong>partie du patrimoine du pays</strong> préservant ainsi son héritage.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297642" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/07/20210607135413297642.jpg" alt="Le jardin de la maison de Sorolla, aujourd'hui un musée" width="800" height="500" /><figcaption> Le jardin de la maison de Sorolla, aujourd'hui un musée. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>De nouveau, un rire transporte l'esprit vers le corps de la jeune femme. Dans un moment de réflexion, <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/masca-tenerife/20210325120736067026.html">elle ferme les yeux</a>, intériorisant tout ce qu'elle a vécu et ressentant la mer, mais lorsqu'elle les ouvre, quelque chose s'est produit. Elle n'est plus sur la plage, elle n'est plus avec Sorolla qui le regarde dessiner Clotilde et sa fille.  Elle est retournée de la même manière qu'elle était partie, sans savoir comment, au Musée. Même de retour chez elle, elle assimile encore tout ce qu'elle a vécu, <strong>elle n'a jamais vécu un voyage comme celui-ci</strong>.  Elle ne sait pas si ce qui s'est passé est réel ou si c'est le fruit de son imagination, mais soudain, une brise familière envahit à nouveau l'atmosphère.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[La lumière de Sorolla dans la mer de Jávea | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
        <media:text><![CDATA[]]></media:text>
        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
      </media:content>
        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[Le regard de Goya sur la prairie de San Isidro | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Tue, 1 Jun 2021 16:03:30 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Le fait que la  plage  ait disparu et qu'à sa place se trouve une foule de gens n'est pas la seule chose qui la surprend. La voyageuse des arts remarque  qu'elle se trouve sous un ciel différent . Le bleu devient pastel et des détails de couleur...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Le fait que la <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/lile-de-lobos-un-tresor-de-soleil-et-plage-a-fuerteventura/20210422155632067040.html">plage</a> ait disparu et qu'à sa place se trouve une foule de gens n'est pas la seule chose qui la surprend. La voyageuse des arts remarque <strong>qu'elle se trouve sous un ciel différent</strong>. Le bleu devient pastel et des détails de couleur saumon apparaissent. C'est <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">la troisième fois que cela arrive</a>, mais elle n'arrive pas à comprendre comment cela se produit. Elle s'est simplement retournée et au pied de la colline, Madrid en 1788.</p><p>Notre voyageuse des arts entend quelqu'un bouger et se tourne légèrement sur le côté. Il lui est difficile d'assimiler - et elle a déjà éprouvé cette sensation - qu'elle se trouve à côté de <a href="/articulo/art/le-deux-mai-1808-a-madrid-francisco-de-goya/20200128115408071548.html">Francisco de Goya</a>. Au pied de la colline, l'artiste représente <strong>un groupe de personnes faisant la fête</strong>. Il peint notamment l'une des rares <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">œuvres</a> qu'il possède dans le style paysage, il s'agit de <em>La prairie de Saint-Isidore</em>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297596" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/01/20210601133643297596.jpg" alt="Statue de Francisco de Goya à Madrid" width="800" height="500" /><figcaption> Statue de Francisco de Goya à Madrid | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>De l'agriculteur au saint</h2></p><p>En balayant le paysage du regard, l'audioguide, comme toujours, raconte tout ce qu’il y a à côté de la voyageuse. Elle se trouve à <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/les-corrales-de-comedie-de-madrid-les-centres-de-theatre-du-siecle-dor-espagnol/20201223153423066976.html">Madrid</a> à la fin du XVIIIe siècle, <strong>plus précisément dans la prairie qui couronne l'église de San Isidro</strong>. Et c'est la fête de ce saint patron qui est célébrée à Madrid au printemps, le 15 mai. Elle vit <a href="/articulo/que-voir-a-andalousie/carmona-ville-sevillane-pleine-de-monuments-historiques/20201113132731066948.html">un moment historique</a> et en est pour la première fois consciente.</p><p>Les nouvelles informations de l'audioguide lui font sortir de sa rêverie et elle commence à connaître le lieu. Les gens y sont heureux, <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/que-visiter-a-madrid-en-3-jours/20200226090323066709.html">c'est un grand jour dans la capitale</a>, ils ont l'estomac plein et le verre plein. Ils sont chargés à ras bord d'eau, mais pas n'importe quelle eau, celle qui coule de la fontaine de l'église de San Isidro. Selon la tradition, le saint était auparavant un agriculteur. Son patron avait soif et Saint-Isidore a accompli le miracle de faire jaillir de l'eau au milieu du champ. À partir de ce moment, de nombreuses personnes sont venues boire de l'eau à cet endroit, <strong>aussi bien le peuple que la monarchie</strong>, car ils lui attribuaient des propriétés curatives.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297597" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/01/20210601133646297597.jpg" alt="Église San Isidro célébrant le 15 mai" width="800" height="500" /><figcaption> Église San Isidro célébrant le 15 mai. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Le jour du saint patron de Madrid, tout le monde vient boire l'eau et <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/las-ramblas-de-barcelone-lembleme-de-la-capitale-catalane/20200601143352066776.html">faire la fête dans les environs</a> du lieu. Pour rendre hommage à cet illustre personnage de la capitale, la reine Isabelle de Portugal ordonna <strong>la construction de la chapelle en 1528</strong>. Dans ce lieu, <a href="/articulo/oeuvres-dart/les-fusillades-du-3-mai-de-goya/20200416161637071563.html">Goya</a> analyse le paysage pour le peindre tandis que la voyageuse des arts contemple le spectacle.</p><p><h2>L'anecdote du Madrid de Goya</h2></p><p>Verre à la main et profitant de cette <a href="/articulo/les-meilleurs/le-6-janvier-en-espagne-les-rois-mages-arrivent/20210105152326066986.html">journée festive</a>, les personnes présentes posent  dans cette scène. Cette œuvre est la sixième <strong>commande que le monarque Charles III lui confie à Goya</strong>. Elle fait partie de la série de tableaux qu'il peint pour la chambre des Dauphins dans le palais du Pardo. " Une curiosité de cette œuvre est qu'il s'agit en fait d'une esquisse ", informe l'audioguide. L'ambiance festive augmente et <strong>on entend déjà les chants</strong> des personnes les plus vives de la colline, mais ce n'est pas un obstacle pour la voix, qui continue son travail.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297598" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/01/20210601133649297598.jpg" alt="La prairie de Saint-Isidore, par Francisco de Goya" width="800" height="500" /><figcaption> La prairie de Saint-Isidore, par Francisco de Goya.</figcaption></figure></p><p>Goya, à cet instant, <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">alors qu'il se tient sur la colline en train de peindre</a>, ne le sait pas, mais Charles III va mourir et Charles IV ne voudra pas qu'il continue la série. C'est pourquoi la toile, qui devait initialement mesurer 7 mètres, est restée une petite esquisse d'à peine 40 x 90 centimètres. Malgré cette anecdote, le tableau a été <strong>très apprécié au cours des siècles suivants</strong> et est aujourd'hui considéré comme l'une des pièces les plus représentatives du <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/le-musee-cerralbo-de-madrid-une-antique-demeure-palais-du-xixe-siecle-qui-ne-ressemble-pas-du-tout-a-un-musee/20200911105459066879.html">Madrid de l’époque</a>.</p><p><h2>Au-delà de la rivière Manzanares</h2></p><p>Le rire de l'un des nombreux participants l'amène à regarder à nouveau la prairie, mais elle remarque les bâtiments de l'autre côté de la rivière de Madrid, le Manzanares. Le premier qui attire son attention est le Palais Royal. C'est un bâtiment jeune, âgé d'à peine 24 ans à partir du moment où les travaux ont été achevés en 1764. Mais son jeune âge n'affecte pas le fait qu'il soit <a href="/articulo/monuments-despagne/palais-royal-de-madrid/20200205120801071551.html">le plus grand d'Europe occidentale</a> et l'un des plus grands du monde. L'emplacement privilégié est <strong>tiré de l'ancien Alcazar royal de Madrid</strong>, qui a cessé d'être debout en 1734 après un incendie dont, même au XXIe siècle, l'origine est inconnue.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297599" src="/media/espagnefascinante/images/2021/06/01/20210601133651297599.jpg" alt="Palais royal de Madrid" width="800" height="500" /><figcaption> Palais royal de Madrid | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>L'autre bâtiment qui attire l'attention de la voyageuse des arts est la <a href="/articulo/monuments-despagne/basilique-san-francisco-el-grande/20200421075741071565.html">Basilique de Saint-François-le-Grand</a>. De style néoclassique, <strong>la basilique dotée de la plus grande coupole d'Espagne</strong> et de la quatrième plus grande du monde est encore plus jeune que le palais royal. L'œuvre architecturale de Francisco Sabatini n'est debout que depuis 4 ans. Aujourd’hui, le temple possède à l'intérieur des œuvres d'artistes renommés tels que Goya lui-même ou de Francisco de Zurbarán.</p><p>L'artiste et <a href="/articulo/oeuvres-dart/cadaques-et-dali/20210520154719071581.html">la voyageuse</a> de l'art <strong>se regardent avec complicité</strong>. L'excitation est de plus en plus forte. Après un instant, l'agitation disparaît et le seul son qu'elle entend maintenant est celui de la mer. Une fois de plus, elle a voyagé dans un autre endroit. Cette fois plus calme, cette fois avec un soleil radieux, cette fois : Sorolla.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[Le regard de Goya sur la prairie de San Isidro | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
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        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
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        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[Cadaqués, une fenêtre pour l'inspiration de la famille Dalí | Tableaux qui envoûtent]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
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  <pubDate>Thu, 20 May 2021 17:47:19 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[ Les nuages disparaissent du ciel.  La tempête qui venait à Tolède  a laissé place à un paysage sans nuages.  On entend et on sent la mer , notre jeune femme voyageuse est heureuse. La température est agréable, elle décide donc d'enlever sa veste...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p>Les nuages disparaissent du ciel. <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">La tempête qui venait à Tolède</a> a laissé place à un paysage sans nuages. <strong>On entend et on sent la mer</strong>, notre jeune femme voyageuse est heureuse. La température est agréable, elle décide donc d'enlever sa veste alors qu'elle commence à monter une colline. Elle y aperçoit une maison au sommet. Elle s'éloigne de la plage et le cri des mouettes commence à s'estomper. <a href="/articulo/que-voir-a-aragon/cascade-de-calomarde-la-grande-inconnue-de-la-chaine-de-montagnes-dalbarracin/20210511143553067052.html">Un autre voyage</a> inattendu, elle est sur une autre scène, dans un autre tableau. Elle ne voit plus Zuloaga ou Barrès. Elle n'est pas non plus en 1913, mais en 1925. Elle le sait tout simplement.</p><p><h2>Cadaqués avant d’être touristique</h2></p><p>L'audioguide n'a pas encore reconnu <a href="/articulo/que-voir-a-aragon/route-des-eglises-de-tella-roman-et-nature-au-coeur-de-huesca/20210505114751067046.html">le paysage où la jeune femme s’est plongée</a>. Cependant elle sait, elle se trouve à Cadaqués, une municipalité de Gérone à forte influence maritime. Bien que 30 ans après ce saut dans le temps, dans les années 60, le tourisme aura un grand poids dans le développement de ce coin de la <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/monastere-de-sant-pere-de-rodes-magnifique-monument-du-xe-siecle/20210507120206067047.html">Costa Brava</a>.</p><p>Parmi ses voisins se trouvent <strong>d'illustres personnalités</strong> de l'art qui mettront l'accent sur l'intérêt des visiteurs. Cette ville de la côte de l'Alt Empordà se caractérise par le charme de ses rues et l'aura presque magique des enclaves qui composent son côté naturel. La <a href="/articulo/que-voir-a-baleares/criques-des-baleares-pour-rever-avec-le-paradis/20200401141938066733.html">vue sur les criques est tout simplement envoûtant</a>e.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297555" src="/media/espagnefascinante/images/2021/05/20/20210520152519297555.jpg" alt="Rue du centre-ville de Cadaqués" width="800" height="500" /><figcaption> Rue du centre-ville de Cadaqués. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Elle continue à monter la colline et l'image de la <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/masca-tenerife/20210325120736067026.html">maison au sommet</a> devient plus claire. La voix de l'audioguide semble avoir récupéré et fait son travail, elle commence donc à donner des informations. Elle confirme ce que la jeune femme sait déjà. Elle se trouve sur la Costa Brava, plus précisément près de <strong>la maison de vacances de la famille Dalí</strong>.</p><p>Derrière une fenêtre ouverte, au fond d'une pièce, on aperçoit un peintre, <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/la-route-de-dali-en-catalogne/20200412140833066740.html">Salvador Dalí</a>, et une jeune femme. L'artiste, qui avait 20 ans à l'époque, représente une figure féminine qui regarde la Méditerranée par la fenêtre. C’est clair, elle assiste à la création de la <em>Jeune fille à la fenêtre </em>de Dalí.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297556" src="/media/espagnefascinante/images/2021/05/20/20210520152522297556.jpg" alt="Vue du paysage de Cadaqués" width="800" height="500" /><figcaption> Vue du paysage de Cadaqués. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Nous sommes en 1925, comme l'avait dicté son intuition et comme le confirme aujourd'hui son audioguide. La fille est la sœur de l'artiste, Anna Maria, et la fenêtre est celle de sa maison à <a href="/articulo/les-meilleurs/9-couchers-de-soleil-mediterraneens-en-espagne/20210329143646067028.html">Cadaqués</a>. C'est une maison que la famille visite en été pour profiter du climat et de la mer Méditerranée. Ce n'est pas la première fois que le paysage du village est représenté dans l'une de ses <a href="/articulo/culture-espagnole/une-promenade-dans-lhistoire-de-lespagne-a-travers-7-tableaux-du-musee-du-prado/20210408093027070914.html">œuvres</a>. Dix ans plus tôt, en 1916, il apparaissait déjà dans certaines de ses œuvres, comme <em>La plage d'Es Llaner</em>. C'est <strong>sur cette plage que se trouve la maison de la famille</strong>, <a href="/articulo/culture-espagnole/maria-isabel-de-braganza-promotrice-du-prado/20210407125301070913.html">une grande source d'inspiration</a> pour le jeune <a href="/articulo/que-voir-a-gerone/que-voir-figueres-ville-natale-dali/20140421154024067629.html">Dalí</a>.</p><p>Elle laisse la colline derrière elle et arrive enfin à la maison. Elle traverse la maison, ses portes ouvertes, jusqu'à ce qu'elle se retrouve appuyée contre le cadre de la porte, devant la fille et la fenêtre que Salvador Dalí peint. Elle remarque que <strong>la danse du rideau balancé par le vent forme des vagues</strong>, qui sont camouflées <a href="/articulo/que-decouvrir-dans-les-iles-canaries-lespagne-fascinante/poris-de-candelaria-un-tresor-blanc-cache-parmi-les-rochers/20210331143059067030.html">avec la mer par la couleur bleue</a> qu'elles partagent.</p><p>La robe de la jeune fille passe également inaperçue dans le <a href="/articulo/itineraires-a-travers-lespagne/quand-les-paysages-dores-recouvrent-lespagne/20210519082859067058.html">paysage</a>. Ce n'est pas le premier portrait qu'il a fait, ni qu'il fera de sa sœur, mais c'est le plus remarquable de la série. Anna fera office de modèle jusqu'en 1929, date à laquelle Gala, la femme de Dalí, la remplacera. Elle vivra plus tard avec elle dans la ville voisine de <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/la-route-de-dali-en-catalogne/20200412140833066740.html">Figueres</a>, et leur maison deviendra ce que l'on appelle aujourd'hui le <strong>Théâtre-Musée Dalí</strong>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297557" src="/media/espagnefascinante/images/2021/05/20/20210520152523297557.jpg" alt="Extérieurs du Théâtre-Musée Dalí" width="800" height="500" /><figcaption> Extérieurs du Théâtre-Musée Dalí. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>Surréalisme réaliste</h2></p><p>Mais ce qui la frappe le plus chez la fille de la fenêtre, ce sont ses pieds, et c'est là que l'audioguide continue comme avant, racontant <a href="/articulo/itineraires-a-travers-lespagne/musees-espagnols-a-visiter-en-ligne/20200317125258066722.html">tout ce que ses yeux peuvent voir</a>. L'artiste n'est pas encore le célèbre peintre surréaliste que l'histoire connaît aujourd'hui, mais bien qu'il s'agisse d'une pièce plus réaliste, elle comporte des détails éloignés de ce style. Il s'agit de l'un des pieds de la protagoniste du tableau, qui, comme la jeune femme peut le voir en personne, sont capturés dans le tableau avec <strong>une taille inférieure à celle du vrai pied</strong>. Le <a href="/articulo/legendes-en-espagne/indalo-dalmeria/20210423124528068590.html">peintre</a> applique précisément son pinceau sur ce détail.</p><p>La voyageuse de l'art continue d'observer tout ce que voit Anna María, car s'il y a une chose qui caractérise cette œuvre, ce sont les deux plans protagonistes. Le premier est la pièce avec la silhouette de la jeune fille qui regarde par la fenêtre et le second est le paysage. Ce n'est que maintenant qu'elle réalise le détail que les maisons blanches, si typiques et caractéristiques de la <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/le-temple-de-linne-un-balcon-vers-la-mediterranee-le-refuge-du-week-end/20210415153809067037.html">Méditerranée</a>, se reflètent dans le verre de la fenêtre.</p><p>Le célèbre tableau en cours de réalisation n'est pas encore <strong>exposé au musée Reina Sofía de Madrid</strong>. Cette institution n'existe toujours pas. Nous sommes en 1925 et le <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/les-batiments-les-plus-emblematiques-du-madrid-neoclassique/20201020233904066922.html">bâtiment de Madrid</a> qui abritera plus tard nombre des œuvres les plus importantes de l'art surréaliste est un hôpital. Ce n'est que des décennies plus tard, en 1986, qu'il a rouvert ses portes et est devenu ce que l'on appelle aujourd'hui le <a href="/articulo/musees-despagne/une-visite-au-musee-reina-sofia/20200423121728071567.html">Musée national centre d'art Reina Sofía</a>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297558" src="/media/espagnefascinante/images/2021/05/20/20210520152525297558.jpg" alt="Façade du Musée national centre d'art Reina Sofía" width="800" height="500" /><figcaption> Façade du Musée national centre d'art Reina Sofía | Shutterstock</figcaption></figure></p><p><h2>Les inspirations de Dalí</h2></p><p>L'artiste n'a que 20 ans et est encore dans ses années de formation, il n'a donc pas encore pleinement développé son <a href="/articulo/musees-despagne/une-visite-au-musee-reina-sofia/20200423121728071567.html">style surréaliste</a>. Dans cette phase d'apprentissage, il se trouve généralement à la <strong>Résidence d'étudiants de Madrid</strong>. Dans ce lieu, un bâtiment créé pour donner <strong>libre cours à l'imagination et à l'art</strong> dans toutes ses expressions, il a vécu et rencontré des figures illustres de la scène artistique espagnole comme García Lorca, Luis Buñuel et Rafael Alberti.</p><p>Alors qu'il continuait à façonner sa <em>Jeune fille à la fenêtre</em>, il n'avait pas encore créé l'une de ses œuvres les plus célèbres. Celle avec  laquelle il commencera pour la première fois à dessiner <a href="/articulo/itineraires-a-travers-lespagne/alcazabas-arabes-en-espagne/20210507112256067049.html">l'un de ses éléments les plus caractéristiques,</a> l'éléphant aux pattes <strong>allongées</strong>. Une forme inspirée de l'obélisque de la Piazza della Minerva à Rome, créé par Gian Lorenzo Bernini. L'œuvre de Dalí en question porte un nom fantaisiste : <em>Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une grenade, une seconde avant l'éveil</em>.</p><p><figure class="image"><img class="size-full wp-image-297559" src="/media/espagnefascinante/images/2021/05/20/20210520152536297559.jpg" alt="Statue en hommage à Salvador Dalí à Cadaqués" width="800" height="500" /><figcaption> Statue en hommage à Salvador Dalí à Cadaqués. | Shutterstock</figcaption></figure></p><p>Le jeune fille, la sœur de <a href="/articulo/que-voir-a-catalogne/la-route-de-dali-en-catalogne/20200412140833066740.html">Dalí</a> allait écrire son œuvre <em>Salvador Dalí vu par sa sœur</em> en 1949. Voici ce qu'elle <strong>raconte à la jeune femme qui observe la composition</strong> : "Pendant les heures où je lui ai servi de modèle, je ne me suis jamais lassée d'observer ce paysage qui fait maintenant, et pour toujours, partie de moi-même. Car il me peignait toujours près d'une fenêtre. Et mes yeux ont eu le temps de s'attarder sur les plus petits détails. Des détails comme le bateau que l'on voit naviguer sur la mer en arrière-plan."</p><p>Le peintre se tourne un instant et fait un mouvement qui surprend <a href="/articulo/artistes-espagnols/portrait-de-maurice-barres-de-zuloaga/20210512142701071580.html">notre voyageuse de l'art</a>. Il signale la porte d’un coup de pinceau, il veut qu'elle parte. Anna Maria <strong>ne sort pas de son nirvana personnel</strong>, fruit de la contemplation de la Méditerranée. Souriant, calme, notre voyageuse retourne dans la rue.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[Cadaqués, une fenêtre pour l'inspiration de la famille Dalí | Tableaux qui envoûtent]]></media:title>
        <media:text><![CDATA[]]></media:text>
        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
      </media:content>
        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[L’Annonciation de Fra Angelico]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
    <link>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/lannonciation-de-fra-angelico/20200528142749071574.html</link>
  <comments>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/lannonciation-de-fra-angelico/20200528142749071574.html#comentarios-71574</comments>
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  <pubDate>Thu, 28 May 2020 14:27:49 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[   L’Annonciation   de  Fra Angelico  est l’une des œuvres les plus belles du Quattrocento florentin. Le tableau a été peint entre 1425 et 1426 par le moine dominicain  Guido di Pietro , plus connu sous le nom de Fra Angelico.  Il est situé au...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>L’Annonciation</strong></em> de <strong>Fra Angelico</strong> est l’une des œuvres les plus belles du Quattrocento florentin. Le tableau a été peint entre 1425 et 1426 par le moine dominicain <strong>Guido di Pietro</strong>, plus connu sous le nom de Fra Angelico.</p><p>Il est situé au <a href="/articulo/musees-despagne/visitant-le-musee-du-prado-de-madrid/20200416153702071562.html">Musée du Prado</a>, où il est entré en 1861 provenant du Monastère des Déchaussées royales à <a href="/articulo/que-voir-a-madrid/les-plus-beaux-villages-des-montagnes-de-madrid/20200311180932066718.html">Madrid</a>.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/13/20190513135224288604.jpg" /><figcaption>Fra Angelico. L’Annonciation</figcaption></figure>C’est en fait un <strong>retable</strong>, pas un tableau. Il a formé partie de l’église du <strong>Couvent de San Domenico de Fiesole</strong>, ville située dans la périphérie de Florence.</p><p>Ce temple, qui a été consacré en 1435, comptait trois autels. Celui qui se situait à droite du chœur possédait le retable de L’Annonciation de Fra Angelico.</p><p>Les autres deux retables étaient le <em>Couronnement de la Vierge</em> (au Musée du Louvre) et <strong>un triptyque dont son panneau central</strong> montre à la <em>Vierge avec son enfant et deux anges</em> (encore à l’église florentine).</p><p>En 1611, le Couvent de San Domenico de Fiesole vendit le panneau pour payer les travaux de construction d’un nouveau clocher. Il fut acquis par le <strong>Duc de Lerma</strong>, qui le céda á l’Église des Dominicains de <a href="/articulo/que-voir-a-valladolid/visiter-valladolid/20140421153619067537.html">Valladolid</a>.<h2 class="vc_custom_heading">La Florence du XVe siècle </h2>L’art florentin du début du XVe siècle regroupe les influences du <a href="/articulo/que-voir-a-cantabrie/pantheon-et-palais-de-sobrellano-une-merveille-neogothique-a-comillas/20200415110941066743.html">gothique</a> international et les nouveautés de ce qui serait la <strong>Renaissance</strong>.  </p><p>La précision des détails est l’une des caractéristiques d’influence du nord de l’Europe. Au cas de l’Annonciation, elle est montrée dans la minutie avec laquelle sont dessinées <strong>les fleurs de l’Éden ou les ailes de Saint Gabriel</strong>. <figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514104640288661.jpg" /><figcaption>Détail des fleurs de l’Éden </figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514104809288665.jpg" /><figcaption>Détail des ailes de Saint Gabriel</figcaption></figure>D’un autre côté, la conception de l’espace (des erreurs dans la perspective) et les <strong>figures de grande taille</strong> (le retable compte de 190,3 x 191,5 cm) nous évoquent les premières œuvres de la Renaissance italienne.  <figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514091533288622.jpg" /><figcaption>Détail de la loge</figcaption></figure><h2 class="vc_custom_heading">Guido di Pietro, l’auteur</h2><strong>Le nom réel de Fra Angelico c’est Guido di Pietro</strong>. Il naît au sein d’une famille aisée à Vicchio, vers 1395. Après être admis au Couvent dominicain de Fiesole, il reçoit le nom de Fra Giovanni de Fiesole. Quelques années après son décès, il commence à être connu sous le nom de Fra Angelico. </p><p>Très jeune, il <strong>s’installe à Florence</strong> pour suivre une formation comme illuminateur de manuscrits. Cette formation est évidente grâce à la précision et la souplesse avec laquelle sont exécutés la plupart des détails de ses <a href="/articulo/les-meilleurs/7-oeuvres-dart-situees-dans-des-lieux-uniques-despagne/20190126171510066582.html">œuvres</a>.Ci-dessous se réalisera un commentaire de ce retable fascinant : <strong><em>L’Annonciation</em></strong> de Fra Angelico.<h2 class="vc_custom_heading">Retable de l’Annonciation</h2>Fra Angelico, en suivant la tradition médiévale, présente une Annonciation avec une finalité didactique évidente. Adam et Ève ont cassé le pacte entre Dieu et l’Homme ; mais la naissance de <strong>Jésus-Christ libérera l’humanité</strong>.</p><p>Au côté gauche du panneau, il nous montre le moment exact où l’Ange expulse Adam et Ève du Paradis. En plus, et pour effacer les doutes, <a href="/articulo/musees-despagne/visitant-le-musee-du-prado-de-madrid/20200416153702071562.html">Fra Angelico</a> les représente habillés : ils sont donc conscients de leur nudité.</p><p><strong>Pour éclaircir l’avenir qui leur attend hors de l’Éden</strong>, Fra Angelico marque, comme une ceinture, des épines à leurs vêtements.</p><p>Leurs gestes sont très intéressants. Adam semble d’être repenti, préoccupé par les conséquences de son action, Eva, elle joint ses mains en attitude de prière. <figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514093852288637.jpg" /><figcaption>L’Ange en expulsant Adam et Ève de l’Éden </figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514094458288641.jpg" /><figcaption>Détail des vêtements et gestes d’Adam et Ève</figcaption></figure>Pourtant, nous trouvons des références au salut. Aux pieds d’Adam et Ève, nous ne voyons pas des pommes, mais roses. Les roses font référence au rosaire, prière montrée par la <strong>Vierge à Saint-Domingue</strong>. Ce faisant, il insinue une manière de racheter les péchés qui ont été commis.</p><p>Mais nous pouvons l’apercevoir aussi dans la petite <strong>hirondelle</strong> située sur le hauban de l’arc. La couleur blanche de sa poitrine fait référence au plaisir à cause de la naissance de Jésus, et son plumage noir à la Passion, avec laquelle elle payera les péchés de tous les hommes.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514092908288626.jpg" /><figcaption>Détail des roses</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514093300288631.jpg" /><figcaption>Hirondelle</figcaption></figure>Au contraire, l’action principale occupe deux tiers du panneau. On y représente <strong>l’Archange Saint-Gabriel lors du moment de la transmission du message vers la Vierge</strong>. </p><p>Comme dans tant d'autres <a href="/articulo/les-meilleurs/7-oeuvres-dart-situees-dans-des-lieux-uniques-despagne/20190126171510066582.html">œuvres</a>, la Vierge est dans un intérieur domestique et, dans ce cas-ci, elle lit. Face à l'arrivée de Saint-Gabriel, elle arrête un moment son activité. Et en tant que servante du Seigneur, elle manifeste un geste dont elle assume la mission qui lui a été confiée.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514120025288698.jpg" /><figcaption>Détail du geste de Marie</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514113241288684.jpg" /><figcaption>Détail des mains de Dieu</figcaption></figure>Pour nous montrer de façon plus explicite <strong>l'arrivée du Messie</strong>, Fra Angelico recourt une fois de plus à la tradition médiévale.</p><p>Dans le coin supérieur gauche, il place une source de lumière dans laquelle il <strong>dessine les mains de Dieu le Père</strong>. D'elle vient un rayon qui descend vers Marie. Il y place la colombe, symbole du Saint-Esprit, dont sa venue fera concevoir le Messie par Marie.</p><p>Le Messie ou Jésus est représenté sur l’écoinçon central de la loge.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514113650288688.jpg" /><figcaption>Détail de la colombe, symbole du Saint-Esprit.</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514115809288694.jpg" /><figcaption>Visage du Messie</figcaption></figure><h2 class="vc_custom_heading">Prédelle</h2>Dans la partie inférieure, appelée <strong>banc ou prédelle</strong>, nous pouvons voir des scènes de la vie de la Vierge. La lecture correcte se fait de gauche à droite.</p><p>Dans la première, il recueilli sa naissance et <strong>son mariage auprès de Saint-Joseph</strong>. Ce qui suit nous montre la Visitation, c'est-à-dire, le moment où la Vierge rend visite à sa cousine Elisabeth. Elle est enceinte de Saint-Jean Baptiste. La troisième est l'Epiphanie ou l'Adoration des Bergers.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514110426288669.jpg" /><figcaption>Naissance et Mariage de la Vierge. La Visitation. L’Épiphanie</figcaption></figure>La quatrième représente la présentation de Marie au <a href="/articulo/monuments-despagne/temple-de-debod/20200219122232071555.html">Temple</a>. Et le dernier est la Dormition ou le sommeil de la Vierge.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514111433288673.jpg" /><figcaption>La présentation de Marie au temple</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/05/14/20190514111738288677.jpg" /><figcaption>La Dormition de la Vierge</figcaption></figure>Rappelons-nous que les <strong>Évangiles canoniques</strong> ne font aucune référence à la naissance et à la mort de la Vierge. Ces faits sont relatés dans les <strong>Évangiles apocryphes</strong>, écrits plus tard.</p>]]></content:encoded>
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        <media:title><![CDATA[L’Annonciation de Fra Angelico]]></media:title>
        <media:text><![CDATA[]]></media:text>
        <media:description><![CDATA[]]></media:description>
      </media:content>
        </item>
                        <item>
  <title><![CDATA[Les Fusillades du 3 mai de Goya]]></title>
      <category><![CDATA[Œuvres d'art]]></category>
    <link>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/les-fusillades-du-3-mai-de-goya/20200416181637071563.html</link>
  <comments>https://www.espagnefascinante.fr/articulo/oeuvres-art/les-fusillades-du-3-mai-de-goya/20200416181637071563.html#comentarios-71563</comments>
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  <pubDate>Thu, 16 Apr 2020 18:16:37 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[Luis Sánchez Marcuccini]]></dc:creator>
        <description><![CDATA[  Les Fusillades du 3 mai  de Goya, connu aussi sous le nom de  Le trois mai 1808 à Madrid , ou tout simplement le   Trois mai  , est l’une des chefs-d’œuvre du génie de Fuendetodos,  Francisco de Goya y Lucientes .  Le tableau a été réalisé en...]]></description>
        <content:encoded><![CDATA[<p><i>Les Fusillades du 3 mai</i> de Goya, connu aussi sous le nom de <i>Le trois mai 1808 à Madrid</i>, ou tout simplement le <a href="https://espanafascinante.com/leyenda-de-espana/leyendas-de-madrid/fusilamientos-del-3-mayo-en-madrid/"><i>Trois mai</i></a>, est l’une des chefs-d’œuvre du génie de Fuendetodos, <b>Francisco de Goya y Lucientes</b>.</p><p>Le tableau a été réalisé en 1814, six ans après les événements. Il est associé à <b><i>La Charge des mamelouks</i></b>, aussi appelé <a href="/articulo/art/le-deux-mai-1808-a-madrid-francisco-de-goya/20200128115408071548.html"><i>Deux mai 1808 à Madrid</i></a>.</p><p>Sur cette toile de grande taille, 2,68 x 3,47 mètres, Goya a essayé de refléter les horreurs de la <b>Guerre d'indépendance espagnole</b>.</p><p>Situé au <b>Musée du Prado</b> dans la salle 064, il y est entré avant 1834 procédant des collections royales.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429110128288255.jpg" /><figcaption>Francisco de Goya. Les Fusillades du 3 mai</figcaption></figure>Après la <b>Guerre d'indépendance espagnole, Ferdinand VII</b> retourne en Espagne en 1814. Pour commémorer le soulèvement du peuple madrilène contre le tyran français, le gouvernement de la Régence, les Cortes et la Mairie de Madrid planifient toute une série d’actions.</p><p>C'est dans ce moment de l’histoire que Goya propose de réaliser deux tableaux illustrant l'héroïsme et le sacrifice du peuple espagnol, et plus particulièrement celui de Madrid : <b><i>Les Fusillades du 3 mai</i></b> et <b><i>La Charge des mamelouks</i></b>.Tout de suite, nous réaliserons une analyse des aspects les plus intéressants de ce tableau : <b><i>Les Fusillades</i></b> de <b>Goya</b>.<h2 class="vc_custom_heading">Les vrais protagonistes</h2>Brisant avec une parfaite symétrie académique, Goya ne place pas le personnage principal au centre de la composition, mais légèrement vers la gauche. Il est représenté les bras croisés, un geste qui nous rappelle le Christ crucifié. Cette idée est renforcée par la marque sur sa paume droite.</p><p>En outre, cette figure est agenouillée et vêtue d'une chemise blanche. Il est l'<b>antihéros</b>. Un homme anonyme et innocent, dont la mort sera le symbole du courage du peuple espagnol face à la barbarie française.</p><p>A côté de lui, un autre personnage agenouillé est représenté, mais les mains dans un geste de prière ou de supplication. Il nous invite à croire qu'il est religieux, sûrement franciscain. Goya dénonce ainsi une fois de plus les représailles féroces exercées par les troupes françaises, qui n'ont pas fait la distinction entre rebelles et innocents.</p><p>À droite se trouve un groupe d'hommes dont les visages et les gestes nous montrent la réalité de l'horreur du moment. À y regarder de plus près, l'un d'entre eux exprime la terreur absolue. Le blanc de ses yeux brille, il a peur et il semble même se ronger les ongles.</p><p>En tout cas, Goya n'est pas intéressé par l'exécution elle-même. Si c’était le cas, il devrait nous présenter des hommes emprisonnés, les mains liées et flanqués de soldats. Goya voulait exalter le courage du peuple madrilène face au tyran toléré.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429151329288282.jpg" /><figcaption>Détail des prisonniers</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429101344288226.jpg" /><figcaption>Détail des visages</figcaption></figure><h2 class="vc_custom_heading">Príncipe Pío, l’endroit</h2>Grâce aux chroniques de l’époque, nous savons que les exécutions ont eu lieu au <b>mont de Príncipe Pío. </b>Cependant, Goya ne spécifie pas l’endroit. Il situe les événements dans la périphérie de la ville, en essayant de souligner la honte de la barbarie commise. </p><p>Les références architecturales qu’il dessine ne se correspondent pas à celles du Madrid de l’époque. Ce sont de simples "ornements" qui indiquent l'éloignement du centre-ville.</p><p>Certains auteurs ont associé la <b>tour </b>à celle de l’<b>église</b> du couvent de <b>San Bernardino</b>. D’autres, par contre, croient qu’il s’agit de l’<b>église Santa Cruz</b>, la plus haute de la ville.</p><p>Les fusillades ont eu lieu <b>à l’aube du 3 mai</b>, une nuit sombre et pluvieuse. Pour recréer cette atmosphère funeste, Goya peint un ciel noir qui occupe une grande partie de la toile. Cette ressource lui aide à augmenter le drame.</p><p>Au contraire, la seule source de lumière présentée dans l'œuvre est un simple <b>fanal</b>. Cependant, la lumière ne provient pas de lui, mais de la <b>chemise blanche de notre antihéros.</b> En outre, l'éclairage derrière les têtes du reste des condamnés à mort, comme une auréole, la renforce.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429103946288238.jpg" /><figcaption>Détail du fond</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429104205288242.jpg" /><figcaption>Détail du fanal</figcaption></figure><h2 class="vc_custom_heading">Les soldats français</h2>Contrairement aux victimes, Goya présente des <b>soldats anonymes</b> sans visage. Leur position sous la forme d'un bloc solide les fait ressembler à des <b>machines à tuer automatiques</b>.</p><p>Le seul élément qui nous permet de les identifier comme des soldats français est le type de chapeau qu'ils portent : <b>le morion</b>. De plus, leurs <b>paquetages </b>nous permettent d'affirmer qu'ils appartenaient à l'<b>infanterie</b>.</p><p>D'autre part, leurs <b>uniformes </b>ont des teintes différentes, car ils sont faits de laine sans teinture.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429103258288234.jpg" /><figcaption>Détail des soldats français</figcaption></figure>Une <b>donnée curieuse</b> est que Goya nous montre deux nouveautés introduites par l’armée française durant la <b>Guerre d'indépendance espagnole</b> : le <b>type de morion</b> est les s<b>abres à la mamelouk</b>.<figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429130614288269.jpg" /><figcaption>Détail des sabres</figcaption></figure><figure class="image"><img class="img-fluid lazyload" width="992" height="558" alt="" src="/media/espagnefascinante/images/2019/04/29/20190429131002288273.jpg" /><figcaption>Détail des cadavres</figcaption></figure><h2 class="vc_custom_heading">La conception du temps</h2>Goya introduit dans ces fusillades le <b>concept du temps</b>. Ainsi, en premier plan, nous observons les cadavres qui ont été déjà exécutés. Derrière eux, les prisonniers qui seront exécutés à ce moment-là. Et en dernier, les hommes qui seront fusillés peu après. Goya joue avec l'idée du passé, du présent et du futur</p>]]></content:encoded>
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