Les villages espagnols qui ne sont pas là où on les attend
Sur le territoire espagnol, certains villages présentent un décalage étonnant entre leur géographie et leur situation administrative.
Sur le territoire espagnol, certains villages présentent un décalage étonnant entre leur géographie et leur situation administrative.
La géographie joue un rôle déterminant dans l’histoire, mais parfois l’histoire suit ses propres règles. L’Espagne possède une histoire complexe, riche en particularités régionales qui contribuent sans aucun doute au charme de son extraordinaire diversité.
Des villages espagnols qui ne sont pas ce qu’ils paraissent
Conflits, accords de partage ou situations d’isolement géographique ont donné naissance à des anomalies territoriales qui se sont maintenues au fil des siècles et sont devenues des questions identitaires difficiles à résoudre.
Petilla de Aragón n’est pas en Aragón
Situé au nord de la province de Saragosse, Petilla de Aragón ne fait pas honneur à son nom puisque, depuis le XIIIe siècle, le village n’appartient plus à Aragon. Le plus surprenant est que cette anomalie ne résulte pas d’un conflit entre royaumes, mais de leurs bonnes relations.
Le roi d’Aragon, Pierre II, demanda de l’argent au Royaume de Navarre pour financer ses nombreuses conquêtes. Le prêt accordé pour vingt ans fut garanti par plusieurs propriétés aragonaises, dont le château de Petilla de Aragón. Pierre II mourut au combat et son successeur, Jacques Ier d'Aragon, ne remboursa jamais la dette. La Navarre conserva donc le château et les terres environnantes. Aujourd’hui encore, le village natal de Santiago Ramón y Cajal appartient à cette communauté autonome.
Une ville médiévale de Burgos en territoire basque
L’histoire de l’Enclave de Treviño, située au cœur de la province d’Álava, fut aussi complexe que mouvementée. En 1200, à la suite des affrontements entre la Navarre et la Castille pour le contrôle des terres de l’Èbre, Treviño passa sous domination castillane lors des négociations de paix.
Pendant des siècles, le comté de Treviño, de langue et de culture basques, demeura isolé de son environnement immédiat. Lors de la création des provinces en 1833, Treviño fut rattaché à la province de Burgos plutôt qu’à celle d’Álava. Depuis lors, de nombreuses tentatives ont été menées pour réintégrer cette enclave au Pays basque, sans succès.
Une comarque valencienne hors de Valence
À la frontière entre les provinces de Cuenca et de Teruel se trouve le Rincón de Ademuz, une comarque qui appartient à la Communauté valencienne bien qu’elle ne soit pas reliée au reste du territoire valencien.
Cette particularité remonte au XIIIe siècle lorsque Jaime Ier, roi d’Aragon et de Valencia, décida d’intégrer administrativement le Rincón de Ademuz au Royaume de Valence afin de satisfaire certains de ses bienfaiteurs. Cette situation perdure encore aujourd’hui.
Un village espagnol qui n’est ni un village ni en Espagne
Ce n’est pas la seule enclave espagnole hors d’Espagne, mais c’est certainement l’une des plus curieuses. Le village de Llívia, situé au cœur des Pyrénées françaises, appartient à la Catalogne pour une simple question de terminologie.
Selon le Traité des Pyrénées, qui mit fin à la Guerre des 30 ans, l’Espagne devait céder les villages de Haute-Cerdagne à la France. Or, Llívia n’était pas juridiquement un village : elle avait reçu le titre de « villa » de l’empereur Charles Quint. Grâce à ce détail, elle demeura sous souveraineté espagnole.
C’est l’Espagne, mais impossible d’y arriver en passant par l’Espagne
Notre parcours se termine à Os de Civís, le seul périclave d’Espagne, c’est-à-dire un territoire auquel on ne peut accéder qu’en traversant un pays étranger.
En effet, ce village de la province de Lleida, entouré de rivières et de montagnes au cœur des Pyrénées, n’est accessible que depuis l’Andorre, à condition que les conditions météorologiques ne forcent pas la fermeture de l’unique route goudronnée qui y mène.
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